Foire aux questions : patients

pourquoi consulter un andrologue?

L’andrologue est un spécialiste de l’appareil génital masculin.
Il peut être consulté à tout âge et pour toute question relative à la santé sexuelle et reproductive : troubles de l’érection, infertilité, problèmes hormonaux…
Même s’il est moins connu, son rôle est équivalent à celui du gynécologue pour les femmes.

A lire : Pourquoi l’andrologie, la «gynécologie des hommes», est-elle si méconnue? par Pauline Allione, avec la participation du Professeur Florence Boitrelle

Quelles sont les causes de l’infertilité masculine ?

Les causes de l’infertilité peuvent être génétiques mais pas seulement.

On peut en distinguer différentes provenances :

    • testicules : altération de la spermatogenèse, pathologies testiculaires telles que la varicocèle (varices testiculaires engendrant la mort des spermatozoïdes à cause de la chaleur), ou encore antécédents de torsion testiculaire…
    • cerveau : pathologies hypothalamo- hypophysaires à l’origine de perturbations hormonales pouvant nuire à la spermatogenèse
    • voies excrétrices (post-testiculaires) : défauts d’acheminement, obstructions d’origine génétique ou post-infectieuse, ou encore perturbations de la fonction sexuelle (au niveau de l’érection ou de l’éjaculation)

La plupart de ces causes peuvent toutefois être traitées avec une prise en charge adéquate.

A lire et à voir :

Quelles anomalies peut-on déceler parmi les spermatozoïdes?

On distinguer 5 anomalies principales :

  • l’azoospermie : absence de spermatozoïdes
  • l’oligospermie : faible nombre de spermatozoïdes
  • l’asthénospermie : mobilité insuffisante des spermatozoïdes
  • la tératospermie : un grand nombre de spermatozoïdes anormaux
  • la nécrospermie : un grand nombre de spermatozoïdes morts

A lire : Comment nagent les spermatozoïdes? (dossier Futura Sciences)

Comment savoir si je suis infertile ?

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) parle d’infertilité au sein d’un couple lors de l’impossibilité d’aboutir à une conception ou de mener une grossesse à terme après un an au moins de rapports sexuels réguliers et non protégés.
Pendant longtemps, les causes de l’infertilité masculine ont été très largement sous-estimées. On sait aujourd’hui que la part masculine est en majorité significative au sein du couple.

Lorsqu’il existe une suspicion d’infertilité masculine au sein d’un couple, l’andrologue va d’abord interroger et examiner l’homme. S’il l’estime nécessaire, il peut prescrire des examens hormonaux et radiologiques pour en déterminer la cause.

Le plus couramment le spermogramme est l’examen de base : il va permettre d’apprécier la qualité du sperme et d’en détecter les anomalies. Le spermogramme va permettre notamment de vérifier le volume de l’éjaculat, le nombre, la mobilité et la viabilité des spermatozoïdes.
Parfois, il arrive malheureusement qu’on ne puisse pas expliquer la cause : on parle alors de cause idiopathique. Elles représentent jusqu’à 50 % des causes d’infertilité.

Quelle prise en charge peut être envisagée en cas d’infertilité ?

En fonction de la cause identifiée par l’andrologue, on pourra proposer au patient des traitements médicamenteux ou chirurgicaux (traitements de la varicocèle, réparation des voies séminales, prélèvement de spermatozoïdes dans les testicules…).

Les parcours d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) existent pour les hommes : ils y sont systématiquement informés des chances de réussite et des risques potentiels pour l’enfant à naître.

Peut-on réduire les risques d’infertilité ?

Certains facteurs sont connus pour aggraver les causes d’infertilité masculine. La plupart sont liées à notre mode de vie. On sait notamment que la consommation d’alcool, de tabac, de drogue, un excès d’activité physique ou au contraire une trop grande sédentarité peuvent être dommageables à la production de spermatozoïdes. Malheureusement, 70 % des hommes sont exposés à au moins un de ces facteurs aggravants.

L’alimentation a également un rôle important à jouer, dans la mesure où une surcharge pondérale peut également être un facteur aggravant. Il convient d’adopter un régime alimentaire sain, varié et équilibré pour améliorer la qualité du sperme. Privilégier les produits issus de l’agriculture biologique permet en effet de limiter l’exposition aux pesticides, qui peuvent avoir un rôle de perturbateur endocrinien. Également, la chaleur possède un effet négatif sur les spermatozoïdes : il est recommandé de ne pas garder son portable dans sa poche pour limiter l’exposition des testicules aux ondes.

 

A lire et à écouter : Stéphane DROUPY, chirurgien urologue au CHU de Nîmes, Pourquoi l’infertilité masculine augmente, et comment lutter contre?

En dehors du préservatif, quelles sont les méthodes de contraception masculine existantes ?

Actuellement, le préservatif est la seule méthode de contraception fiable à 100 % (lorsqu’il est correctement utilisé) qui protège des IST (infections sexuellement transmissibles).

Deux autres méthodes de contraception réversible existent et ont prouvé leur efficacité, malgré le fait qu’elles soient encore peu démocratisées : la contraception hormonale et la contraception thermique.

La contraception hormonale consiste en une injection intramusculaire hebdomadaire d’énanthate de testostérone. Cette injection de deux stéroïdes combinés permet d’avoir un effet bloquant sur la concentration de spermatozoïdes dans le sperme. L’effet contraceptif n’est toutefois atteint qu’au bout d’un à trois mois. Cette méthode nécessite également de faire des spermogrammes régulièrement.

La contraception thermique, développée elle aussi à la fin des années 1980 par le Professeur Roger Mieusset du CHU de Toulouse, consiste en un sous-vêtement masculin chauffant. Avec l’augmentation de la température, la production de spermatozoides diminue. Pour cela, il est nécessaire de porter ce sous-vêtement 15 heures par jour, durant les heures d’éveil.

Dans les deux cas, le seuil contraceptif à atteindre est de moins de 1 million de spermatozoïdes mobiles par millilitre de sperme.

Enfin, la vasectomie est une méthode contraceptive visant à obstruer ou sectionner les canaux déférents. Les spermatozoïdes sont alors bloqués, et l’effet contraceptif assuré. Contrairement à ce que l’on peut penser, la vasectomie peut être réversible.